Où trouver du sirop d’érable en 2100?

Gabriel Bergeron
Étudiant à la maîtrise
Université de Sherbrooke

Dominique Gravel
Professeur au Département de biologie
Université de Sherbrooke

L’identité culturelle d’une société se développe, entre autres, par son attachement au territoire, à sa biodiversité, à ses écosystèmes et aux richesses qu’ils lui procurent. Et parmi les éléments du terroir québécois se trouvent indéniablement en tête de liste le sirop d’érable et les activités traditionnelles associées à la cabane à sucre. La fonte des neiges, le soleil et le sucre s’allient pour célébrer l’arrivée du printemps, notre façon bien originale d’assumer des hivers rigoureux et notre nordicité. Or cette relation avec le territoire et ses écosystèmes forestiers est susceptible de s’effriter avec un déplacement des conditions propices à la production acéricole vers le nord. L’un des plus forts emblèmes culturels du Québec pourrait-il être ébranlé par les changements climatiques?

 L’industrie de l’érable dépend fondamentalement du climat; il serait illusoire de croire qu’elle demeurera inchangée à la suite d’un réchauffement. Bien que l’aire de répartition de l’érable à sucre (Acer saccharum, Marsh) couvre une large portion de l’Est de l’Amérique du Nord, les périodes d’alternance entre gels et dégels qui permettent l’exploitation de la sève ne sont rencontrées que dans la portion nordique de sa répartition. Une arrivée de plus en plus hâtive du printemps causée par un réchauffement des températures pourrait déplacer la période de production et, ultimement, menacer la production dans certains secteurs.  Ainsi, la véritable question n’est donc pas de savoir si l’acériculture sera affectée par les changements climatiques, mais plutôt de savoir comment ils affecteront celle-ci. Répondre à cette dernière question n’est pas aussi simple que de répondre à la première. En effet, il y a beaucoup d’incertitude dans ce que pourrait devenir le nouveau visage de l’industrie acéricole. L’écologie théorique, de concert avec nos connaissances de la biologie de l’érable à sucre, nous permettent de proposer quelques scénarios possibles et d’en anticiper les impacts potentiels sur l’industrie acéricole québécoise.

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