Le défi de la lutte aux changements climatiques à l’épreuve des conservateurs canadiens (2002-2019)

Frédéric Boily
Professeur en science politique
Université de l’Alberta

L’Ouest canadien représente un enjeu majeur pour les politiques canadiennes de lutte aux changements climatiques. L’importance de l’exploitation pétrolière en Alberta et la production de gaz à effet de serre (GES) qui en résulte sont d’une telle importance que le Canada atteindra difficilement les objectifs qu’il s’est donnés lors de la COP 21 à Paris. Le Canada s’est en effet engagé à réduire ses émissions de 30% entre 2005, année de référence, et 2030. Or les émissions de GES ont augmenté, en Alberta, de 18 % entre 2005 et 2017, essentiellement en raison du secteur de l’énergie : « L’augmentation de 43 Mt des émissions produites par la consommation de combustibles dans le secteur de l’extraction de pétrole et de gaz s’explique par une hausse de 158 % de l’extraction de bitume et de pétrole brut synthétique des sables bitumineux canadiens depuis 2005. » (« Sources et puits de gaz à effet de serre : sommaire 2019 », 2019) Rappelons que si l’Alberta totalise 12 % de la population canadienne, elle produit 40 % des émissions de GES au pays (Tombe, 2018). On comprend alors que cette province soit devenue une préoccupation majeure pour le gouvernement canadien dans l’atteinte de ses objectifs de réduction fixés à Paris.

Heureusement pour le gouvernement fédéral, la lutte aux changements climatiques s’était aussi imposée, en Alberta, comme une priorité du gouvernement provincial néodémocrate de Rachel Notley (2015-2019), et ce, même si l’appui à la construction du pipeline Trans Mountain a pu laisser croire le contraire. Avant d’analyser les mesures néodémocrates, il est indispensable de rappeler le contexte qui a précédé l’arrivée de ce gouvernement au pouvoir en mai 2015. Ce rappel permettra de comparer son approche avec celle des gouvernements conservateurs provinciaux, tout comme de voir que le nouveau gouvernement du Parti conservateur uni (PCU) de Jason Kenney renoue avec l’approche qui prévalait avant 2015.

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *