Inclusion démocratique : retour sur un cas de gouvernance décentrée de l’adaptation aux changements climatiques

Alain Létourneau
Professeur au Département de philosophie et d’éthique appliquée
Université de Sherbrooke

Parler d’inclusion démocratique, c’est chercher à impliquer les citoyen.ne.s dans les processus de prise de décision des organes politiques. Évidemment la première question qui vient, c’est celle de savoir comment le faire. Cette tâche complexe se joue sur de multiples échelles : au niveau national, au niveau des provinces ou des états, des régions, des villes; sans oublier des questions qui chevauchent différentes juridictions, dont le niveau international. On sollicite la participation des citoyen.ne.s dans des forums, des commissions, des organismes. Certains types de sondages peuvent aussi être construits comme des outils de participation citoyenne – pensons au Deliberative Polling développé notamment par James S. Fishkin depuis une bonne vingtaine d’années (Fishkin, 2009).  Les chantiers à débattre sont nombreux et, bien sûr, on peut discuter longuement des priorités qu’il faut accorder entre ces dossiers! Par définition, un programme d’action est limité par les buts qu’il poursuit et ce qu’il peut mobiliser comme forces et comme moyens. 

1. Pourquoi cibler l’adaptation?

Parmi l’ensemble des questions dont il faut traiter, il y a l’immense chantier des changements climatiques : ce qui est à faire et avec quelle participation. Au passage, sans doute vaudrait-il mieux parler de dérèglements climatiques, pour saisir un peu mieux l’aspect dramatique du processus, car parler simplement de changements demeure très neutre. On est un peu débordés par tout ce qui est à faire : se protéger du dérèglement climatique, mais aussi lutter contre la pollution, contre la perte de biodiversité, etc.

Est-il justifié de s’occuper de l’adaptation, alors que ce qui semble importer, ce sont les mesures visant la réduction des GES? Quiconque s’est donné la peine d’enquêter sur le climat sait que la très grande partie de nos problèmes vient de l’usage des combustibles fossiles : transport, production d’électricité (dans certains pays), déforestation ainsi qu’une part de la production agricole. Les organisations, incluant les différentes composantes de nos gouvernements, doivent poursuivre leurs efforts en vue d’instaurer des solutions sobres en carbone. Il faut réduire l’émission des gaz à effet de serre, et cesser de faire disparaître les éviers de carbone (carbon sinks, souvent appelés « puits ») comme les forêts.

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