Alerte dans les hautes latitudes nord : l’Arctique réagit au réchauffement climatique

Alain Royer
Professeur en géophysique de l’environnement
Université de Sherbrooke

L’Arctique serait-il le canari qui servait autrefois de sentinelle face aux risques du coup de grisou dans les mines de charbon? L’augmentation des températures de l’air à la surface de l’Arctique s’accélère depuis les 20 dernières années. Les variations actuelles du climat des hautes latitudes Nord seraient-elles celles que nous pourrions vivre dans les latitudes moindres d’ici 20 ou 50 ans?

Ce phénomène de réchauffement accru serait attribuable à une « rétroaction positive », comme on dit dans le jargon, aussi appelé « effet d’amplification arctique » (EAA). Une « rétroaction » est un processus climatique produit en réponse au réchauffement anthropique global (l’effet de serre). Cette réaction peut soit accélérer ou accentuer le changement initial; on parle alors de « rétroaction positive » si l’augmentation de température est plus forte que la moyenne globale. La rétroaction peut être au contraire « négative » lorsque la perturbation atténue le phénomène initial, par exemple par un refroidissement.

Il est aujourd’hui essentiel de comprendre cet effet d’amplification arctique afin de mieux prévoir le climat futur qui pourrait s’emballer. Ce qui nous attend, ici, dans nos latitudes, pourrait significativement être perturbé par ces anomalies du climat arctique. Nous présentons dans cet article quelques hypothèses avancées pour expliquer ce phénomène d’amplification arctique tout en revenant sur l’état du réchauffement de l’environnement nordique. Nous rappelons à ce titre l’incertitude qui entoure les différents processus d’emballement en lien avec les changements climatiques et qui modifient déjà le climat sous nos latitudes.

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